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Retour sur l’Open Bidouille Camp de Lille

Durant le week end du 22 & 23 Juin, nous avons organisé le premier Open Bidouille Camp Lillois, à la gare Saint Sauveur. L’occasion de (re)sortir toutes les bidouilles accumulées par les Makers Lillois mais aussi d’en prévoir de nouvelles avec cette échéance tout en démocratisant le DIY.

Et… ce fut un réel succès ! 3000 personnes selon organisateurs, 200 selon la police bien entendu, mais les chiffres ne sont pas importants. Ce qui compte, c’est le public, qui était présent et dans toute sa diversité : un vrai melting-pot en terme d’âge, de sexe, de milieu, etc. Et ça, pour moi, c’est notre victoire.

Pourquoi ? Peut être le contexte économique ou la prise de conscience écologique ? C’est difficile à dire, mais clairement, il y a un intérêt à (re)faire soi-même, à mettre de soi dans les objets, à se les réapproprier, les réparer ou encore les détourner. Apprendre, construire, utiliser consciemment et réparer plutôt que consommer et jeter ; c’est ça qui rassemble.

Parce qu’en fait, il n’y a rien de révolutionnaire dans les technologies présentées. Voire même, c’est du low-tech si on se compare aux industries de pointe. Mais ça, c’est uniquement considérer l’aspect technologique.

Ce qui est révolutionnaire, c’est la manière de concevoir et d’approcher cette technologie. Les imprimantes 3D existent depuis des dizaines d’années et pourtant… tout le monde fait des yeux ronds à la première rencontre d’une de ces étranges machines. Mais ça n’est pas étonnant : qui a déjà eu le privilège de s’approcher d’un tel monstre à 50.000€ dans une salle fermée au fin fond d’usine elle-même réservée à une poignée de personnes ? Très peu d’élus. Et avec le DIY, c’est su ça que tout change.

La révolution actuelle vient non pas par la levée d’un verrou technologie mais bien humain/social, et ce, grâce au DIY, au libre (Open Source) et aux réseaux :

  • Je n’achète plus ma machine prête à fonctionner : je la construis et j’apprends son fonctionnement ;
  • Je ne la jette plus quand elle dysfonctionne : j’ai appris son fonctionnement, je peux la réparer ;
  • Les pièces ne viennent plus de l’autre bout du monde : on m’explique comment la produire localement avec une autre machine déjà existante ;
  • Je ne suis plus dépendant d’un fabriquant : les plans sont disponibles sur Internet, je suis autonomisé ;
  • Ces machines de ne sont plus réservées à une élite : elles sont construites communautairement, sans brevets et donc disponibles à faible coût ;
  • Je ne suis plus dépendant des industries : je peux innover chez moi et réparer mes objets grâce à la réappropriation des moyens de production ;
  • Je subis moins l’obsolescence : il me suffit de chercher les évolutions sur Internet et de transformer ma machine existante ;
  • Je ne suis plus isolé : je peux apprendre, partager et co-concevoir via Internet, quitte à devenir un jour expert dans un domaine qui m’était encore étranger il y a quelques mois ;
  • Ma démarche devient plus altruiste : je produis des bien communs, pérennes et réutilisable par tous ;
  • Je ne suis plus tributaire de ce qu’on me propose : j’ai les clés pour devenir acteur de l’écosystème plutôt que consommateur.

Capture du 2013-07-07 13:08:21

Bref. Si vous souhaitez voir ou revoir les ateliers proposés pendant l’événement, vous pouvez trouver ma compilation à cette adresse.